Petit récit de la première (mini) tournée (internationale, s’il vous plaît !) d’Avorton Congénital…
Youhou.
Ca y est, je me lance dans la racontation de ce petit périple. Je ne pense pas que ça va intéresser grand monde à vrai dire, mais moi au moins ça va me permettre d’y repenser…
Alors, voilà on est le 6 mai 2009, il est “début d’aprèm”h00. On est dans une belle voiture un peu pourrite qu’on est même pas sûrE qu’elle va arriver jusqu’en Belgique mais même pas peur on y va quand même ! “On”, c’est le groupe et les roadies. Donc le groupe c’est moi, qu’on appellera Bobby par soucis d’anonymat (comme si quelqu’unE que je ne connais pas viendrait un jour sur ce site, pfff…) et les roadies c’est ma pote, qu’on appellera Samantha par soucis d’anonymat (parce que c’est quand même pas terrible comme pub que tout le monde sache que t’as été roadie d’Avorton Congénital…). Donc Samantha, elle est trop cool, parce qu’en plus d’être une personne que j’aime beaucoup et avec qui j’avais vraiment envie de partager ça, elle a aussi le permis de conduire, ce qui s’avère fort pratique quand tu veux partir en tournée… Et puis elle est vraiment trop cool.
Bon voilà, on nous avait dit qu’en maximum trois heures on serait arrivéEs, mais en fait on a mis au moins 4 heures jusqu’à Bruxelles, puis après on a du tourner dans Bruxelles bien 1h30 pour trouver le lieu. Bon, faut dire que c’est pas trop évident à trouver comme lieu. Faut imaginer un quartier avec que des nouveaux bâtiments vitrés genre building pour banque et bureau d’entreprises, le tout flambant neuf et bien brillant, et dans un de ces bâtiments, t’as une petite affiche “Pink Ponk”. Donc t’as la porte éléctrique qui s’ouvre toute seule, comme quand tu vas à la Poste, et là, ouf, tu vois quelques têtes teintes en rose qui se dressent et qui te disent bonjour avec un grand sourire. Là, c’est bizarre, parce qu’on connaissait personne, c’est une date qui a été permise par les potes, d’un pote à une pote, vous voyez le genre… Puis moi c’est la première fois de ma vie que je joue dans un endroit où y’a pas presque que des copainEs. Et là, même si les genTEs ont l’air très sympathiques, ben ça fait bizarre quand même parce que je les connais pas. Je ne sais pas trop ce qu’il faut dire dans ces cas là… Ca fait tout bizarre de passer du côté “groupe en tournée” alors que d’habitude pour les concerts je suis plus (ou moins) du côté de celleux qui accueillent les groupes. Bref, sensation étrange, mélange de gêne et d’enthousiasme, de boule dans le ventre et d’élan dynamique.
Alors moi dans ces cas là, j’ai l’arme infaillible qui permet de faire quelque chose sans prendre trop de risques : je sors la distro ! Du coup ça te prend du temps (tu restes pas plantéE les bras ballants au milieu de la pièce à pas savoir quoi dire), tu fais un truc, puis ça fais des sujets de conversation mondains avec les genTEs (”ah, tu as cette brochûre ! Je la cherche pââârtout depuis trôôôp longtemps, je voulais la diffuser…”,”oui, pas de prôblème, je peux t’envoyer le mââster en pdf si tu me donnes ton adresse mail…”). Et hop, t’as un truc à dire qui paraît intelligent, t’as partagé un truc avec quelqu’unE et t’as déjà une adresse de plus à ajouter à ton tableau des contacts hypes du milieu alterno. Bref, faut pas le croire quand des genTEs vous disent qu’illes font des distros pour diffuser des textes subversifs et des groupes DIY, parce qu’en réalité c’est juste pour avoir un moyen facile de causer avec les autres… Bref, j’arrête mes conneries.
Donc la soirée se passe comme ça, entre moments chouettes de rencontres joviales et moments un peu perdu dans le flou et la masse des genTEs. Par ailleurs, y’a quand même pas mal de monde, dont certains qui font un peu peur avec leurs clous partout. Alors c’est dans ces moments que tu te demandes ce que tu fous là, quelle idée t’as eu de venir jouer ailleurs que dans ton salon, que c’est vraiment débile de s’infliger des angoisses pareilles. Parce que c’est pas tout d’avoir l’air sympa et de causer de la dernière brochure à la mode. Parce qu’à la base t’es quand même là pour faire un concert, de la musique quoi. Et quand ta formation musicale s’apparente plus à Punk-3 qu’à Conservatoire+5, ben tu te dis que les genTEs qui sont venuEs vont être drôlement déçuEs… Et puis vu que t’es le groupe exotique de la soirée, on te fait jouer tout en dernier, évidemment, du coup t’as bien le temps d’y penser et de stresser ! (par “exotique”, comprennez “qui vient d’une autre ville que celle où se passe le concert”).
Bon, heureusement qu’il y avait les Beticiclopp, qui ont apporté un peu de fraîcheur dans tout ça. Comment dire, je n’ai jamais vraiment pris de drogue, mais je pense qu’un set de Beticiclopp ça doit faire un peu le même effet qu’un buvard de LSD (ça se prend en buvard au moins le LSD ???). T’as l’impression qu’illes sont tombéEs dedans quand illes étaient petitEs. Puis moi j’étais tout content de voir cette quasi-légende de la zik alterno pédégouine parce que la seule relique à laquelle j’avais eu accès avant était une toute petite chronique de leur dernier concert dans le dernier numéro d’Androzine. Donc autant dire que je ne pensais pas vraiment les voir un jour… Et puis si ! Youpi ! Après, faut suivre… Entre leurs déguisements sans queue ni tête, leurs textes complètement perchés, leurs potions psychédéliques, leur jeu de scène dans tous les sens, et tout et tout… Faut avoir de l’endurance… Mais c’est tellement agréable de se laisser porter… Bref, merci Beticiclopp.
Bon, après ça y est quoi ! C’est le moment, comme on dit… Plus le temps de faire marche arrière… Parce que y’a tout le monde qui te regarde et qui attend que tu t’installes. Et là, entre le déroulement de deux jacks et l’installation de mes machines, je commets l’erreur fatale de poser ma bière sur ma table… Chose que je ne fais jamais, même en répèt, et je gueule tout le temps sur les genTEs qui posent leurs bières près des instruments ou des brochures… Bref, le truc, tu le fais, mais tu sais pertinement que ça va être une erreur. Et ça loupe pas ! Deux minutes plus tard, je renverse ma bouteille sur mon sampleur de guitare…qui après ça, ne veut plus du tout lancer la synchronisation MIDI (le truc qui permet de lancer la boîte à rythme en même temps qu’un sample de guitare et qui fait qu’un vieil assemblage branlant ressemble à de la musique). Bref, déprime, desespoir, stress, solitude… Je commence malgré tout le set, en angoissant fortement à l’idée que le morceau qui a ABSOLUMENT besoin de cette fonction arrive bientôt, et ne sachant trop comment je vais m’en sortir…
Vous voulez savoir comment s’est déroulé le concert ? Vous voulez savoir comment je m’en suis sorti pour LE morceau fatidique ? Vous voulez savoir si je suis parti en courant parce que j’avais trop peur ? Vous voulez savoir si on m’a lancé des caillous parce que mes morceaux étaient pas carrés ? Vous voulez savoir tout ça ? Oui ? Alors,…
Rendez-vous au prochain épisode… (la prochaine fois que j’ai une heure de temps à perdre après le petit dèj, parce que là quand même faudrait ptet que je m’active, y’a pas que ça à faire non plus…)
…ça vient…ça vient….